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 SUPERSTITIONS NORMANDES

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Michèle
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MessageSujet: SUPERSTITIONS NORMANDES   Sam 2 Déc - 21:39





Quelques SUPERSTITIONS NORMANDES





(D'après un récit paru en 1846)







Le tintement des oreilles désigne qu'on parle de nous : si cela a lieu à l'oreille droite, c'est un ami ; si on l'éprouve à la gauche, c'est un ennemi. Les Romains tiraient le même présage de ce tintement. Tomber ou faire un faux pas, lorsqu'on sort pour terminer une affaire, est d'un très mauvais augure. Le sel purifie toute chose, chasse les maléfices, et c'est un signe de malheur que de renverser une salière. Les Romains, qui employaient le sel dans les augures, trouvaient aussi que c'était un mauvais présage que de le renverser.

Lorsqu'on sort le matin pour la première fois, il n'est nullement indifférent de porter tel ou tel pied le premier dehors. Le pied gauche est un signe de bonheur quand on rentre ; et le pied droit signe la même chose quand on sort. Si l'eau commence à tomber un mardi, un mercredi ou un vendredi, elle continuera tout le reste de la semaine. Si elle commence un dimanche, elle durera huit jours. Selon tel ou tel jour qu'elle tombe dans l'année, c'est un signe d'abondance ou de disette. Il ne faut pas tailler ses ongles un mardi, un mercredi ou un vendredi, parce qu'il pousserait de petites pellicules nommées envies ; et de plus il arriverait quelque malheur.

Quoique le vendredi passe pour un jour funeste, il ne faut pas cependant mettre de l'eau dans le cidre un autre jour que celui-là ; car la liqueur deviendrait aigre. Si l'on prend une chemise le vendredi, on mourra dedans. Un prêtre qui a reçu pendant sa vie de l'argent pour dire des messes qu'il n'a point dites, vient les célébrer après sa mort et même achever les mots qu'il avait oubliés. Ce sont certains curés et les bergers qui font paraître les orages. Si l'on tire sur la nuée la plus noire, avec une balle bénite, il en tombera infailliblement un sorcier.

Si l'on met des oeufs ardrés dans du fumier de cheval, il en naîtra un serpent. Il faut alors le tuer lorsqu'il est encore petit ; car plus tard il causerait de grands dommages. Son huile sert à composer des maléfices. Lorsqu'il se forme de petites ramifications à une chandelle, il faut examiner de quel côté elles sont placées ; car bientôt on doit recevoir une nouvelle ou une visite du même côté.

On se masque rarement dans le carnaval, parce que le diable a souvent enlevé des jeunes gens qui s'étaient déguisés. Néanmoins, dans quelques communes, les mascarades sont en usage et même très en faveur parmi la jeunesse. Les anciens avaient aussi des mascarades, particulièrement aux Saturnales ou fêtes de Bacchus, aux Lupercales, et à la fête de la mère des dieux, qu'on appelait Megalesia. Ovide les fait remonter jusqu'à Hercule, qui, pour causer de la peine à Faune, prit un jour les habits de la belle Lyda sa maîtresse, et lui donna un rendez-vous dans une grotte obscure. Faune ayant reconnu la tromperie s'en retourna plein de confusion.

Lorsqu'on mange des harengs, on jette la laite au plancher : si elle s'y attache, c'est qu'on aura un habit neuf à Pâques ; dans le cas contraire on n'aura rien. C'est aussi un excellent moyen pour savoir si l'on réussira dans une affaire. Quand une louve mes bas ses petits, elle donne aussi le jour à un chien. Lorsqu'ils sont tous grands, ou du moins assez forts pour vivre seuls, elle les conduit à un ruisseau, et, à la manière de boire, elle reconnaît le chien qu'elle dévore sur-le-champ.

Les laitières se servent d'un vase d'airain pour traire les vaches lorsqu'elles arrivent d'une foire. Ce métal les préserve des sortilèges, et a la propriété d'attirer une plus grande quantité de lait. Lorsqu'on doit porter le lait à la ville, ou bien lorsqu'on veut le donner à des voisins, on a soin de mettre dessus un peu de sel, pour détruire les sorts que l'on voudrait jeter sur les animaux qui l'ont fourni. Pour éviter ces sorts, on suspend aussi un petit sac rempli de sel à la corne de la vache ; et pour lever ceux qui ont été donnés, on mène la vache à une foire, ou bien on a recours à un sorcier.

Avant la révolution de 1793, on publiait des Monitoires, que l'on appelait aussi Quérémonies, contre le malfaiteur qui n'avait pu être découvert et ceux qui le connaissaient, mais qui ne voulaient pas le livrer. Si le criminel ne se présentait pas à la troisième publication, il appartenait au diable et courait le Loup-garou ; car alors on le débaptisait, et ceux qui le cachaient avaient le même sort. Tous les soirs, après le coucher du soleil, le malheureux se revêtait d'une peau de loup, qu'on appelle Hère ou Hure, et le diable, à qui il était échu en partage, le fouettait cruellement au pied de toutes les croix et au milieu de tous les carrefours. Du reste, pour délivrer un loup-garou, il faut lui porter sur le front trois coups de couteau bien appliqués. Si le sang coule, le loup-garou est sauvé, sa Hère tombe. D'autres personnes pensent qu'il ne faut tirer que trois gouttes de sang. Le loup-garou court de trois à sept ans : si on manque à le délivrer, ce temps recommence.

P our faire passer le lait aux femmes ou aux animaux qui en ont, il faut leur faire un collier de liège. Le lait d'une femme qui a eu deux enfants au plus, sert à composer des sorts très puissants pour opérer toutes sortes de sortilèges et d'enchantements. Le septième garçon ou la septième fille, et leurs descendants jusqu'au quatrième degré, guérissent du Carreau, en passant la main sur le ventre du malade ; mais il vaut encore mieux toutefois faire dire une messe en l'honneur d'un saint. La personne qui touche a de longues prières à réciter ; et, celle qui a été touchée, en est quitte pour quelques Pater et quelques sous.

Couper la galette faite à la fouée empêche le pain de cuire ; il faut la rompre. Un homme damné mange après sa mort le suaire qui lui couvre le visage, et ce malheureux pousse dans la tombe des cris sourds et effrayants. On conserve les glanes de la moisson jusqu'à l'année suivante. On conserve également, pendant une année, les couronnes de la Saint-Jean et le morceau de gâteau des Rois.

On donne le nom de Faulaux au gaz inflammable qui se fait apercevoir dans les lieux marécageux. On dit que ce sont des âmes damnées qui cherchent à entraîner les voyageurs dam des précipices ou dans l'eau. Les Anglais nomment ces feux Wisp ; les Irlandais, Miscaun marry ; et les Allemands, Heerswifels. Les anciens les appelaient Dioscures, lorsqu'ils apparaissaient autour des mâts et des agrès des navires : s'il y en avait deux, c'était signe de beau temps ; un seul présageait la tempête.

Lorsqu'on voit tomber un météore, connue sous le nom d'étoile qui file, c'est que quelqu'un meurt au même instant, et que son âme monte au ciel. Dans ce cas, il faut faire le signe de la croix, et réciter un Pater et un Ave. On appelle Chasse Annequin, une troupe d'esprits qui traverse les airs, en poussant des cris aigus et prolongés. D'après la tradition, cette chasse a pour origine un prêtre qui, pour avoir eu ainsi qu'une religieuse une pensée profane sans en avoir fait pénitence, fut condamné avec la none à courir les airs de toute éternité. Si l'on rencontre un chien noir le matin, en sortant pour la première fois, il faut rentrer aussitôt sans terminer aucune affaire, parce que le chien noir est d'un mauvais présage. Il est bon aussi de ne point voir pour première personne celle qui est habillée de noir.

Dans les repas des gens de la campagne, lorsqu'il y a une oie, on lui coupe d'abord le croupion, et l'on fait à celui-ci trois pieds avec des petits morceaux de bois. Ensuite, on le bannit, c'est-à-dire que celui qui boit sans discontinuer le plus grand nombre de verres de cidre, l'obtient. Lorsque les étincelles du bois qui pétille dans le foyer sont vives et nombreuses, c'est signe de guerre ou de discordes quelconques. L'odeur de la fumée chasse l'orage.

Les enfants qui n'ont pas sept ans accomplis sont toujours exposés à être enlevés par des sorciers ou par des vieillard qui les emmènent dans des souterrains et les mangent. Les Grecs avaient aussi un démon femelle, nommé Gello, qui tourmentait les petits enfants.

On appelle corde au beurre une corde composée d'un grand nombre de noeuds, préparée par un sorcier, et que l'on attache au pied gauche de derrière d'une vache. On conduit celle-ci par les chemins les plus fréquentés, et l'on est persuadé qu'elle se procure ainsi tout le beurre qu'auraient donné les vaches qui sont passées dans le jour par le même lieu. Cette opération est connue sous le nom de traîner la corde.

Les gens de la campagne sont persuadés qu'ils ont rencontré plusieurs fois, dans la nuit, des béliers noirs qui vomissent des flammes, des chats noirs dont les yeux étincellent, des lapins blancs suspects, des taureaux rouges à cornes épouvantables, et des chiens noirs immobiles dans les lieux où il y a des trésors.

Il ne faut point vendre les abeilles, mais les échanger ou les donner. Celles qui sont volées ne profitent pas au voleur. Quand quelqu'un meurt dans la maison, on attache un morceau d'étoffe noire à la ruche ; car elles périraient dans l'année si on ne leur faisait pas porter le deuil. Ces insectes n'aiment pas à entendre jurer, et ils punissent à coups d'aiguillon celui qu'ils entendent blasphémer. Tuer les abeilles sans nécessité, c'est perdre la bonne chance et compromettre son bonheur.

Il est défendu de manger des oeufs le vendredi et le samedi de la semaine sainte, car presque toujours ils renferment des crapauds ces jours-là. On vend dans les foires des amulettes, tels que bagues de saint Hubert, petits livres sacrés, etc., qui garantissent des chiens enragés et des sorciers.

Afin qu'une vache puisse concevoir, on ne manque jamais à la pratique de la frapper sur le flanc de trois coups d'une baguette de coudrier, ou de fendre en quatre le bout de sa queue, ou de lui appliquer sur les reins une poignée de boue, ou d'y jeter un seau d'eau fraîche, ou enfin de les lui frotter. On lui fait manger du sel ou du buis bénit pour la préserver des sorciers. De peur qu'une vache qu'on vient d'acheter n'ait reçu un sort qui l'empêche de donner du beurre, on lui met du sel fondu au pis et à la naissance de la queue, ainsi que dans le vase où on doit la traire pour la première fois. Lorsque, par une cause quelconque, une vache ne produit plus de crème, on attribue cet accident à un sorcier, et l'on va trouver un autre sorcier pour lever le sort.

Mettre en dedans la boucle de l'éperon, quand on monte à cheval, est un moyen infaillible pour ne point rencontrer de sorcier pendant son voyage. Pour échapper aussi à l'atteinte des sorciers, il suffit de mettre son bas à l'envers. Le buis bénit le jour des Rameaux préserve une maison de la foudre et des sorciers; et si l'on peut s'emparer de la branche que le curé a attachée à la croix, on fait du beurre tant que l'on veut.

Si un cochon meurt de mort naturelle, c'est un présage sinistre, c'est-à-dire qu'il ne doit pas tarder à mourir quelqu'un aussi dans la nature. Une corde de pendu porte bonheur. Il en est de même des rognons de porc ou de chien desséchés, et de la tête de l'insecte appelé cerf-volant. On croit que le son des cloches chasse les mauvais esprits et préserve de la fondre et de la grêle. Lorsqu'un cheval s'enfonce un clou dans le pied, il faut aussitôt ficher ce clou dans un chêne : c'est une recette pour qu'il ne vienne pas de mal au pied de ce cheval.

Le Rebet ou troglodytes, que l'on nomme aussi l'oiseau de Dieu, est très respecté, parce qu'il a apporté, dit-on, le feu du ciel, et l'on est convaincu qu'il arriverait quelque malheur à celui qui le tuerait. La poule qui imite le chant du coq, chante sa mort ou celle de son maître ; aussi, dans ce cas, pour éviter tout danger, on ne manque pas de la tuer à l'instant. Entendre à jeun, au printemps, chanter un coucou pour la première fois de l'année, et avoir par hasard de l'argent sur soi, c'est un signe certain qu'on en aura toute l'année. La chouette, nommée par les Normands Fresas, ou Fresaie, a le pouvoir d'annoncer infailliblement la mort.

Les troupes de corneilles qui crient en l'air marquent la famine ; celles qui se battent annoncent la guerre ; et, par la direction de leur voix ou les inflexions de leur voix, elles présagent aussi la famine ou l'abondance. C'est un mauvais augure que d'en voir à son lever, et dans ce cas il est prudent de n'entreprendre aucune affaire importante. Le criquet porte bonheur à la maison dans laquelle il se réfugie, et où il fait entendre son chant. Si une araignée descend sur quelqu'un en filant, c'est un présage de bonheur. Le chat est l'image du diable, que l'on suppose se montrer souvent sous la forme d'un chat noir. Le crapaud est l'ami de l'homme, et lui faire du mal, c'est attirer volontairement quelque malheur.

Tous les jours ne sont pas bons pour la saignée : il faut l'éviter les mardi, mercredi et vendredi, surtout pendant la canicule. Les Normands disent :


La saignée du jour Saint-Valentin
Fait le sang net soir et matin.
La saignée du jour au devant
Garde des fièvres pour constant.
Le jour Sainte-Gertrude bon fait
De faire saigner du bras droit :
Celui qui ainsi le fera,
Les yeux clairs reste année aura.


On guérit les verrues en les frottant avec un limaçon rouge ; il faut ensuite l'enfiler avec une épine et l'y laisser suspendu. A mesure qu'il pourrit les verrues disparaissent. La morsure d'un chien se guérit avec son poil.

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MessageSujet: Re: SUPERSTITIONS NORMANDES   Sam 2 Déc - 21:40



Voici quelques informations sur le trèfle:







Le trèfle est lié à l'Irlande et à son saint patron Saint Patrick. Il symbolise la conscience de ce peuple. Il est aussi synonyme de chance et d'argent. La rareté du trèfle à quatre feuilles a fait sa renommée et créé son sens: trouver un trèfle à quatre feuilles assurait chance et richesse. Si vous en trouvez un et le glissez dans la poche de l'être convoité, il ne pourra vous résister. En Angleterre, le trèfle à cinq feuilles, encore plus rare, permet de gagner gros à la loterie ; mais aux Etats Unis, il porte malheur. Enfin, si vous glissez un trèfle sous votre lit ou votre oreiller, aucun fantôme ne viendra jamais troubler votre sommeil.

Les croyances liées aux trèfles sont anciennes: pour le Grec Sophocle, cette plante renfermait un venin terrible alors que, pour le Romain Pline, elle devenait l'antidote à la morsure de serpent ! Si les feuilles du trèfle s'élèvent, l'orage grondera bientôt. La magie s'en servait pour créer des philtres d'amour.

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MessageSujet: Re: SUPERSTITIONS NORMANDES   Sam 2 Déc - 21:41







Croyances autour du sel






Voilà l'origine: c' 'est la croyance que renverser une salière porte malheur qui donna naissance à son corollaire. Si vous avez le malheur de renverser une salière, vous devez impérativement jeter du sel par-dessus votre épaule gauche tout de suite après l'incident afin d'annuler le malheur. Par prolongement, les gens n'ont pas tardé à penser que jeter une pincée de sel par dessus son épaule portait chance.
Dès le Moyen-Âge, le sel se retrouve entouré de croyances: il était sensé conjurer le mauvais sort : il fallait en mettre dans les coins de chaque pièce d'une maison.

Aujourd'hui encore certain lui prête des pouvoirs mystérieux. Pour les danois, faire tomber du sel provoque la chance. En Espagne, du sel trouvé dans le lit conjugal indique un conflit. Pour connaître le sexe de votre futur enfant, mettez du sel sur votre poitrine. S'il fond, ce sera une fille, sinon ce sera un garçon. Si vous n'en avez plus, n'en demandez pas à votre voisin, cela porte malheur.

Pourquoi donc ces superstitions autour du sel? Eh bien, parce qu'on considérait il y a longtemps le sel comme une substance qui conserve et on l'opposait aux actions maléfiques qui pourrissent tout.




extrait de :


http://perso.orange.fr/echel/essai_presentation/croyance2.html








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